Francigéner, verbe transitif, du latin Francia (France) et generare (engendrer, faire naître) :
action de mener aux sources vives de la culture française ; éveiller le désir de cette culture et de la manière d’être qu’elle engendre — le goût du bien dire, de la table, du débat, de la beauté ouvrée ; insuffler à quelqu’un l’idée que la France n’est pas seulement un passeport mais une façon d’être au monde, transmissible et vivante. oxygéner quelqu’un par l’idée que le panache à la française existe encore.
Ex. : « Plus fait douceur que violence. », « Plus d’amour, partant plus de joie. » (J. de La Fontaine) ; Ce Bourgogne « Coulejoie » est complexe et charpenté ; Le ministre Colbert avait pour devise : « Saepe pro rege semper pro patria. » ; Nous venons de visiter un château de la Loire aux caves troglodytes ; David Hykes fait chanter l’abbaye du Thoronet sur son album de monophonies ; « Tout est permis en dedans. » comme écrit Céline et je m’en sens francigéné.
Antonyme : Francifuge, adj. et n. Du latin Francia et fugere (fuir). Se dit de celui qui, né ou élevé en France, fuit tout ce que cette culture lui a donné — sa langue, ses textes, son art de vivre — par honte, ressentiment ou snobisme. Le francifuge n’est pas ignorant de la culture française : il la connaît assez pour la fuir méthodiquement.