
Si vis pacem, para bellum (Proverbe latin inspiré de Végèce).
Une origine étrangère devrait être un tableau qu’on laisse à voir dans son salon et non une chambre dans laquelle on se verrouille.
Se méfier du patriarcat, surtout quand il n’a pas de couilles.
L’islamisme est une religion, l’Europe un continent ; mais l’islamisme étend une sorte de continent par ses lois, et l’Europe une sorte de religion par son empire bureaucratique, son culte des droits humains, et les livres saints dont elle regorge pour chaque amateur de littérature.
De la micro-agression au trait d’esprit il n’y a qu’un pas.
Les démagogues jettent le bébé avec l’eau du bain : ils attaquent l’Église au nom des prêtres pédophiles, la France au nom de la Collaboration avec le nazisme, et les compatriotes maghrébins, s’ils osent faire l’éloge des traditions chrétiennes de la France.
Personne n’est détestable, mais un groupe de personnes (Sebastian Haffner d’écrit : encamaradées) doit se surpasser pour ne pas le devenir.
Un groupe a pour destin l’abbaye de Thélème ou la meute, et les salons, quartiers ou villages, sont à ce titre plus en danger de devenir claniques, qu’une patrie.
Les gauchistes petits-bourgeois n’ont pas les actions de leurs opinions : ils vont voir les représentants de minorités en concert plutôt que d’en admettre dans leur groupe d’amis.
Inspirer l’amour de la France par Montaigne et Molière, c’est du camp de rééducation pour ceux qui n’aiment que leur propre ressentiment.
Cheval de Troie : rester dans un pays dont on refuse les valeurs et la culture pour n’y pratiquer que les siennes propres s’appelle de l’occupation plutôt que de l’intégration.
Les hommes sont comme les nourrissons sur un point : quand ça ne va pas, il faut les prendre dans les bras et leur parler.
Les Romains admiraient les Grecs. Les Germains admiraient les Romains. Tous admiraient la civilisation qui les précédait et cherchaient à l’imiter.
L’islamisme en Europe incite les musulmans à s’estimer supérieurs aux prédécesseurs de leur pays et à les qualifier « d’infidèles » ou d’« associateurs » sans chercher à les connaître.
Il y a des intellectuels sous protection policière à cause de l’islamisme, et d’autres sous protection idéologique à cause de leur lâcheté.
Les prêcheurs islamistes crachant leur vindicte en arabe ou en allemand, rendent musulmans en cela qu’ils font croire au diable et aux possédés.
Ne pas fonder de parti, mais écrire des maximes et se les appliquer à soi-même d’abord.
Les plus belles phrases des grands écrivains : des mantras pour rester bouddhique au choc des événements funestes.
2012, Toulouse : introduction du loup solitaire en Europe. Dépressif et déséquilibré, mais de bon voisinage, il est menacé par l’affiliation au sol, la culture humaniste, et la pratique substitutive d’une religion d’amour, de tolérance et de paix.
L’esprit « blédard » ou le salafisme, qui séparent tous deux de la France en tant que culture commune, font exister l’esprit français, idée bête et méchante, utile seulement en cas d’urgence.
L’islamisme porte dans son nom la soumission : il invite à taire toute insoumission en soi-même : « Le Prophète a plus de droits sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes » (Coran, XXXIII, 6) -, il exige la soumission à Dieu pour refuser toute soumission à tout homme qui ne parle au nom de Dieu.
L’esprit français porte dans le sien franchise, franc-parler, affranchissement : il invite à s’insoumettre jusque dans les détails les plus ridicules de la vie courante (« Les Français râlent tout le temps »), à écrire des vérités sur les autres et sur soi-même pour en faire de la littérature, à survivre à ces vérités pour s’affranchir plus fortement, et à diviniser un terroir visible et voluptueux dans ses paysages.
L’islamisme est un esprit qui cache la chair et la dote, et la France une chair offerte, que ses habitants ont dotée dans le temps d’un esprit.
Il y a des gens si inflexibles et intraitables par leurs discours politiques qu’ils sont comme les mises à jour trop fréquentes d’un ordinateur, qui finissent par le rendre inaccessible et impraticable.
Pour que l’ordinateur marche, libérer de l’espace en s’éloignant du militant, ou s’insulter soi-même des crimes politiques dont il fait la chasse, pour le désarmer par l’autodérision.
L’islamogauchisme combat l’extrême-droite européenne au profit d’une extrême-droite pleine d’exotisme et d’évasion.
Ce qu’on appelle « assimilation » est la seule transmigration des âmes connue et attestée (transmigration d’un peintre à un spectateur, d’un écrivain à un lecteur, d’un pays à un citoyen), contre la glaciation des âmes en une origine fixe.
Ce qui rend peu convaincantes certaines féministes n’est pas la lutte contre le patriarcat, mais qu’elles se croient plus libres que leur arrière-grand-mère.
La civilisation française allie plaisir et exigence : déguster des vins sans les ingurgiter et dont on goûte la complexité au prix de plusieurs années de patience ; entendre des vérités, mais par une langue aussi méditée qu’elle semble simple – le vers des Classiques, la prose des grands romanciers.
Ceux qui ne supportent que le plaisir ou l’exigence ne sentent ni l’un ni l’autre.
L’antifasciste de salon vit dans un quartier sans pauvres, parle des pauvres bannis par les fascistes avec des trémolos dans la voix, et vote pour continuer comme cela.
Il est révélateur que les djihadistes du 13 novembre 2015 aient frappé des cafés : le café est le lieu au seuil duquel je vois un homme au visage sombre et hostile, qui s’adoucit en entrant ; les cafés sont des havres où je peux inviter qui j’ai rencontré par fortune ; ce sont les lieux où l’amitié se forme, et tirer dessus déclare la guerre à l’humanité.
Des érudits apprécient l’islam à l’ombre de leur propre culture européenne et chrétienne : ils goûtent en spectateurs cette religion d’un art plus sobre, exotique et revêche, et s’y reposent des tableaux, des musiques et des récits qui les passionnent, en croyant aimer une religion dont ils ne goûtent que le négatif sans l’avoir développé.
Ils sont des touristes spirituels.
Au cœur de la civilisation française, il y a la langue : la langue dégustant par le palais les aliments saisonniers et régionaux et le vin dont on distingue les saveurs à la parcelle près, la langue parlée qui s’exerce en débats aux terrasses des cafés et dans des bars de récitants, et la langue écrite qui mérite un palais de marbre pour la régir.
Et au-delà de ces langues, celles qui s’éprennent, et le font mieux d’avoir exercé les premières.
Appeler phobie la critique d’une religion trahit que cette religion ne peut se défendre par la raison.
La France comme exception est menacée par les droits de l’Homme dont ceux qui la détruisent se servent comme d’une arme : On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs. (La Fontaine, « La Forêt et le Bûcheron »)
La « féministe islamique » lutte pour un monde où les hommes peuvent enfin la chasser des terrasses, refuser de lui serrer la main et cacher son corps incitatif en plein milieu de la rue.
Socrate parlait sans écrire, par peur de figer sa pensée, et il a philosophé à l’oral jusqu’à motiver ses disciples de le reproduire par l’écriture.
Les grands auteurs français ont écrit, par crainte que leur pensée fût trahie, et ils ont affiné leur style jusqu’à en faire une vision du monde mûrie par le travail de l’écrit.
Athènes a révéré la parole. Les stylistes français ont déifié la phrase : ils ont ciselé ces corps où la pensée garde son mystère et se mord comme un agrume.
Le Coran déclare que les mécréants ne sont que des bêtes, plus égarés encore que les bêtes quant au droit chemin. Les missionnaires de ce message en Europe s’appellent végans et antispécistes.
Les vers de Shakespeare et des Classiques sont des tuteurs de l’âme.
Aimer la culture d’un pays apprend à aimer celles des autres. Prétendre qu’aucune n’existe apprend à les mépriser toutes.
Les phrases des stylistes en littérature se dégustent et les grands vins européens font discourir : tous deux unifient corps et esprit jusqu’à les faire plus inséparables, c’est-à-dire qu’ils rendent plus vivant.
Le féminisme dogmatique et le décolonialisme imaginaire fonctionnent par privilèges rétroactifs : les femmes ou les minorités ont été uniment oppressées par le passé, il faut donc leur donner l’opportunité d’oppresser les autres.
L’Église parle de grâce ; la République parle de mérite et d’excellence.
Leurs ennemis communs persuadent les gens qu’ils ne méritent rien ou ne peuvent rien – et appellent cela de la lucidité.
Certains intellectuels européens ont réagi aux attentats par une défense si zélée de l’islam qu’ils semblaient le confondre dangereusement avec l’islamisme.
Jouir de l’héritage français tout en niant son existence dans la conversation, c’est vivre aux crochets d’une famille qu’on renie à table.
L’islamisme est un totalitarisme de droit divin.
Dites à la France du XXIe siècle que sa culture n’existe pas et inventez-lui des crimes contre l’humanité en Algérie, elle vous élira président de sa République.
Les attentats font accepter les atteintes.
La police sépare le légal de l’illégal ; la culture unit par le plaisir et l’élévation. La première contraint, la seconde convainc.
L’apprentie racaille peut agresser n’importe qui, mais l’islamiste la discipline en lui convaincant d’agresser uniquement des athées français.
Un pays qui consent d’être envahi mérite de l’être.
Manie française : vouloir savoir si c’est de gauche ou de droite avant de savoir si c’est vrai.
La laïcité est un cartésianisme collectif : n’étant pas sûr de la vérité de ma croyance pour les autres, je m’en abstiens en leur présence dans la vie publique, comme Descartes supprime en lui toute connaissance incertaine.
Un nationaliste français au XXIe siècle est un homme qui « tape sur les musulmans à longueur de journée » selon le journaliste qu’il entend sur France Inter, et court le risque d’être tapé par « un camion fou » criant « Allah akbar » le jour de sa fête nationale.
Aimer les pièces de Shakespeare, l’histoire de Venise, et les vins de la Loire peut vous crisper dangereusement sur la créativité européenne.
En Europe, le christianisme appelle le libertinage, et le libertinage appelle le christianisme. Cyrano était athée mais frondeur et sacrifié à un autre comme le Christ, Pascal fut mondain avant de décrire la misère de l’homme sans Dieu pour ses amis libertins, Laclos a créé une femmes libertaire dans un roman et un traité d’éducation des filles.
L’histoire de France est si pleine que chaque siècle rêve le précédent : Madame de Lafayette recrée la cour de Henri II pendant le Grand Siècle, lequel est décrit et regretté par Voltaire pendant celui des Lumières, auquel Stendhal appartient mentalement.
Un militant écologiste français se bat pour qu’il ne fasse pas deux degrés de plus lors d’une éventuelle guerre civile.
Le salafiste veut entrer au Paradis et le bourgeois-bohème limiter son empreinte carbone. Les premiers veulent atteindre le zéro péché, les seconds le zéro déchet.
Certains Européens disent qu’il ne faut pas « jouer sur les craintes » et « agiter les peurs ». Les Athéniens disaient : « s’il n’a rien à redouter, quel mortel fait ce qu’il doit ? » (Eschyle, Orestie).
Jadis berceau des civilisations européennes, le théâtre venait du grec « theatron » qui signifiait voir. C’était l’atelier de la démocratie et de la philosophie athénienne. Il devint dans les États modernes le lieu où l’homme tendait « un miroir à la nature humaine. » (Shakespeare, Hamlet).
Désormais le théâtre est souvent un lieu qui empêche de voir et en distrait. C’est un atelier de vaporisation poétique autour de problèmes politiques dépersonnalisés comme l’écologie ou le capitalisme. On y tend aux bourgeois branchés le miroir d’une imagination assez pauvre pour cacher toute réalité dérangeante au profit de problèmes dû à des responsables extérieurs au spectateur.
Toute grande civilisation peut toucher tout un chacun parce qu’elle est plaisante, mais n’est jamais tout à fait à quelqu’un parce qu’elle est exigeante. La langue de Racine est aux francophones toujours naturelle et toujours étrangère — c’est-à-dire à travailler, comme la peinture de Raphaël l’est pour les Italiens et la musique de Mozart pour les Viennois.
Les fromages français sont comme le patriotisme : ils font découvrir chaque région, sentent mauvais, et donnent un plaisir si rare qu’il grandit avec le temps et la moisissure.
Se sentir blessé par mille ans d’histoire, d’artistes, de batailles, d’idées et d’édifices en héritage, et rappeler qu’un passeport suffit, revient à demander quelques chips en cuisine devant un buffet avec homards et venaison.
La plus subtile manière de discriminer entre les Français est de faire croire au citoyen que son pays n’est qu’un passeport.
Les islamistes se soumettent entièrement à Dieu pour ne se soumettre à personne d’autre. Allah n’est chez ceux-là que le négatif de leur propre puissance, et l’image qu’ils s’en font trouve un support vierge dans leur prophète invisible, sur lequel ils se dessinent eux-mêmes avec les attirails nécessaires : barbe, robe, sandales.
Les chrétiens fervents ne se soumettent à Dieu qu’en se soumettant aux autres. Dieu est chez ceux-là un être différent d’eux, toujours à représenter, dont les multiples avatars empêchent de s’arroger sa robe, sa barbe, sa charité — puisqu’on doit servir au-dehors. Ils ne peuvent ainsi se substituer à Dieu, qui pourtant s’est insufflé dans l’homme par le Christ.
Flaubert affinait et vinifiait, mais la parole.
Le ghetto de Varsovie et l’étoile jaune furent décrétés avec violence par un État, dans un pays à moitié fanatisé par la propagande.
Le ghetto de Sevran et le voile islamique apparaissent sans qu’un État ne les décrète, dans un pays libéré de ses vieilles propagandes.
La France du XXIe siècle est coupée en trois états, comme sous l’Ancien Régime : le gilet, le jogging et le jean slim à ourlet.
Le gilet se révolte comme un Tiers État, le jogging condamne et assassine comme un clergé inquisiteur, le jean slim à ourlet vit dans des quartiers-citadelles et ne se bat que pour la sauvegarde de sa propre vie.
Le premier se sent français, le second se sent sujet d’un autre pays, le troisième se sent citoyen d’un monde réduit à quelques archipels connectés.
Ceux qui auront craint [Dieu] goûteront au bonheur,
des jardins et des vignes,
des jouvencelles d’une jeunesse uniforme,
des coupes pleines à ras bord,
ils n’entendront là ni mensonges, ni mauvaises paroles. (Le Coran, Sourate LXXVIII, 31-35).
Le paradis des musulmans ressemble à l’Europe, du moins à celle de ses épicuriens lettrés. Les plaisirs que les musulmans attendent à force de privations après la vie, les non-musulmans s’abêtissent presque de trop les connaître pendant la leur.
La culture française est infiniment plus étendue, charnelle et spirituelle à la fois, que sa nation ou sa république — qui permettent autant de s’en passer que de la découvrir.
Les islamistes se disent exclus parce qu’ils sont empêchés d’exclure à leur façon.
Trois piliers de la civilisation française : le catholicisme (art gothique, amour courtois, droits de l’Homme), la raison (cartésianisme, libertinage intellectuel, Lumières, positivisme), et le plaisir (bonne chère, libertinage).
D’où le culte du vin, qui mélange un symbole christique, le travail patient et le plaisir de table, que tempère la gastronomie.
D’où la manie de tout intellectualiser, qui mélange la confession, le raisonnement et le bavardage, que tempère la littérature.
Dans quelle Europe unie vivent ceux qui craignent de la voir « divisée », et surtout par des opinions, des journaux ou des livres ?
Le penseur cherche les différences entre les individus et le système, la loi et la coutume, l’idée et l’action, le bien et le mal — et les définit pour les distinguer. Il a besoin, comme Aristote, qu’une chose soit ceci et pas cela.
Le relativiste attend que le penseur parle d’un système pour lui opposer un individu, d’une loi pour lui opposer une coutume, de l’Histoire pour lui opposer une anecdote, d’un bien pour lui rétorquer que c’est un mal.
Le penseur parle des choses pour les clarifier. Le relativiste lui répond que l’islam est une religion française, et le fait taire.
Nous ne sauvons une culture qu’en l’incarnant : il est plus plaisant de pratiquer la spezzatura des Italiens de la Renaissance que d’écrire une thèse dessus.
La beauté de l’esprit européen est de vouloir en conscience critiquer l’islamisme et protéger la vie des musulmans.
L’Europe s’est bâtie comme une mosaïque de civilisations qui ne voulaient pas ressembler aux civilisations issues de l’islamisme : elle ne saurait donc admettre cette religion comme sienne, mais a besoin qu’elle existe pour être pleinement elle-même.
L’Europe éviterait ainsi de tomber dans le consumérisme, et entretiendrait ses coutumes, arts et lois, dont elle sent mieux l’esprit par l’existence de son contraire.
Dans un pays trop judiciaire et peu littéraire, un amour naissant est raconté comme une scène de crime.
La France a inspiré les Impressionnistes et des gens impressionnants.