Agonophilie, n. f. du grec agon, combat, lutte + philia, amour, attachement:
disposition de l’âme qui unit l’amour du bien et la volonté de le défendre par le combat.
L’agonophile ne lutte pas par hostilité envers l’adversaire mais par attachement profond à ce qui augmente l’homme — la connaissance, la beauté, la culture, la paix.
À la différence de l’agressivité, qui part du ressentiment, et du militantisme, qui part de l’idéologie, l’agonophilie aime et endure : elle est le combat comme forme supérieure de la fidélité à ce qui nous fait être plus nous-même.
Ex. Les bons Troglodytes de Montesquieu se lèvent deux heures plus tôt que leur père pour labourer son champ à sa place ; « Si quelqu’un te force à faire un kilomètre à pied, fais-en deux avec lui. » (Matthieu, 5:41-42) ; ma mère cancéreuse et oxygéno-dépendante a joué la Marche turque et imité l’accent belge ; « De l’école de guerre de la vie. — Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » (Nietzsche, Crépuscule des idoles) ; Maupassant rapporte de Flaubert : « Pendant ses longues veilles dans son cabinet de Croisset où sa lampe allumée jusqu’au matin servait de signal aux pêcheurs de la Seine, il déclamait des périodes des maîtres qu’il aimait » (Chroniques littéraires).