
Marcellin Jobard, Rapport sur l’Exposition de 1839, Tome second, “Lacunes de la typographie”..
L’écriture dite inclusive inclut des conjugaisons féminines au milieu d’une phrase afin de faire apparaître les femmes en général : « Comme si c’était motif de guerre d’enlever une conjonction au domaine des adverbes ! » (Éloge de la folie, XLIX).
L’écriture inclusive prend son lecteur pour un imbécile : qui oublie que les amants peuvent être aussi des amantes, dans une simple phrase, à part un oublieux, sinon un imbécile ?
Selon le philosophe Eric Deschavanne, l’écriture inclusive exclut plutôt qu’elle ne réunit, puisqu’elle fait voir les sexes comme étant séparés : elle éternise leur différence dans la phrase.
Les scripto-inclusifs ne sont pas toujours inclusifs dans la pratique : j’en ai vu demander à ne pas inviter à dîner un collègue musulman qui eut fait des gaffes, ou une autre collègue qui eut râlé. Les scripto-inclusifs demeurent, aujourd’hui du moins, un entre-soi, un petit clan.
Clan de néo-puritains, puisque régentant la langue française avec des points dans la phrase pour la purifier de sa primauté masculine : purificateurs d’une langue dont la perfection pratique est déjà si difficile à atteindre (songeons à qui voudrait rivaliser quotidiennement avec Racine ou le Molière du Misanthrope), et perfection si plaisante à entendre dans une seule phrase bien dite, que cette langue passe l’envie de la réformer à ceux qui la cultivent pour sa beauté et sa clarté.